Initié par le TOF Théâtre en 2014, MAboule est devenu un incontournable du secteur, l’un des rares festivals internationaux dédiés à l’art de la marionnette contemporaine en FWB.
Maboule ! Il fallait l’être, sans conteste, pour imaginer organiser un festival international dans des salles de fortune et en rue aux portes de l’hiver, dans une petite ville rurale de Belgique. Quoi, déplacer du public quelques jours avant Noël, prendre le risque du gel sévère, de la pluie, des bourrasques, des portefeuilles essorés par les derniers achats en vue des fêtes, de l’épuisement de fin de trimestre scolaire, c’était presque insensé ! Équiper des locaux en salles de spectacles respectant les normes de sécurité avec les moyens d’une simple compagnie de théâtre de marionnette, il fallait bien tout le savoir-faire des tournées pour le tenter.
Accueillir des artistes de Belgique et de l’étranger en les logeant « chez l’habitant », les nourrir durant tout un week-end avec des produits locaux et favoriser au maximum les rencontres entre eux et avec le public au MONTY, foyer central du festival, il fallait l’oser.
Et pourtant, c’est le pari que l’équipe du TOF Théâtre a fait il y a plus de dix ans maintenant, emmenant avec elle quelques élus genappiens qui ont rêvé, eux aussi, de faire de Genappe le centre du monde le temps d’un long week-end.
Tout ne s’est pas fait en un jour. La première édition était modeste, mais contenait déjà en germes tout ce qui fait le MAboule d’aujourd’hui. La Ville de Genappe ouvrait une vitrine populaire locale au festival en l’accolant à ses Féeries Genappiennes. Elle offrait du même coup à son marché de Noël de nouveaux chalands venus d’ailleurs, qui se plaisent à y flâner entre deux spectacles. Dès la première édition, les Féeries se trouvent un nom qui en dit long sur le pari singulier que représente cette organisation : Genappe perd la Boule. Ce n’est que 7 années plus tard, bénéficiant de la timide ré-ouverture et du regain de vitalité post-covid que le festival se rebaptise MAboule et affirme son statut d’événement incontournable dans le domaine des arts de la marionnette et associés, aussi bien en Belgique qu’à l’étranger.
Avec les moyens du bord, ce fut le mot d’ordre des premières éditions et ce l’est toujours un peu. Dès le démarrage, la Ville de Genappe a mis la main à la charrette en donnant accès à des salles communales, polyvalentes, paroissiales… et en prenant en charge certains travaux techniques : raccord électrique sur la grand place, signalisation, piétonnisation de certaines rues… Mais aussi la main au portefeuille pour soutenir la programmation en espace public qui est l’une des caractéristiques (étonnantes pour la saison) du festival.
Le TOF Théâtre met toute l’énergie de ses équipes technique, administrative, artistique au service de l’organisation tout en faisant jouer ses nombreuses relations dans le milieu des compagnies de théâtre et des programmateurs. Et finance aussi sur ses fonds propres la programmation et les besoins techniques et logistiques supplémentaires… Le soutien renforcé de la Ville de Genappe, l’engagement de la Province du Brabant wallon et un joli coup de pouce de la Loterie Nationale, du Centre Culturel du Brabant-Wallon et des mécènes locaux permettent de proposer une programmation exigeante et originale, portée par une belle dynamique citoyenne.
Le MAboule a encore de belles heures à venir car cette année, la Ville de Genappe fait le choix d’adhérer à AVIAMA, Association Internationales des Villes Amies de la Marionnette (créée en 2010 et dont le siège est à Charleville-Mézière), ce qui fera de Genappe un lieu repéré de la marionnette contemporaine. On espère y voir fleurir des projets participatifs et citoyens, des formations et stages, des parcours d’installations temporaires qui se construiront au fur et à mesure dans les façades et les vitrines avec comme point d’orgue de toutes ces agitations : le festival MAboule !